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Trump et autres divagations sur le trône

8h20. Enfin 8H30. Le temps d’aller aux toilettes.
Constat : Café, et pas épilée. Eh oui, « la première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide ». Passons.
Ce matin ma chronique m’attend. Enfin, c’est plutôt moi qui l’attends. Moi aussi « longtemps je me suis couché[e] de bonne heure ». Comme hier d’ailleurs. Vous ne pensez tout de même pas que ça me donne une once d’inspiration. – Je ne sais pas ce que vous faites là. Entre le papier à chiotte et la fraîcheur, il fait trop froid dans cette salle de bain – Café et pas épilée.
Pas épilée ? C’est un bon sujet, antisystème. Ah si, quand je ne suis pas épilée je suis soi-disant anticonformiste. – Mais vous êtes toujours là ? – Ah.

Anticonformiste ou antisystème ? La norme c’est d’être épilée… Bon allez je suis antisystème et anticonformiste. On s’en fiche, ça fait vendre en ce moment. Les américains ils sont là pour mon petit déjeuner, pour le café, le 36ème café, mais aussi le 37ème. Bande d’impérialistes qui votent contre le système et qui monopolisent en plus les canaux médiatiques. Et là, je tiens mon sujet. Non vous ne pensiez tout de même pas que j’allais proposer une analyse de cette logorrhée. Des langues bien pendues, chipotez pas. Je ne sais plus très bien ce que sont les américains. Enfin les américains de Trump, les siens apparemment quoi. Populistes, racistes, identitaires, déclassés, pas écolos, antisystème – Ah eux – aussi. Quel désordre. Pas épilée tout court c’était plus simple. Je n’écrirai peut-être jamais de chronique. Quoi que système ça fait vendre aussi. Je peux être système, antisystème, et re-systèma-antisystème, et vous vous en fichez. C’est tellement clair dans mon esprit. Vous voyez, la jeunesse c’est l’avenir. Enfin, faudra peut-être faire une chronique pour dire que le concept de la « jeunesse » ça ne veut rien dire. – Ah mince, il est passé où ce fichu papier toilette ? – Parce qu’apparemment quand les acteurs de notre cité parlent de la jeunesse, là je ne suis : d’aucun parti, d’aucune origine, d’aucune classe sociale. Je suis nulle part quoi.
– Vous avez l’impression d’être paumé dans ma logorrhée ? Je vous rassure, je me paume tous les jours dans la vôtre – Là on tient un sujet. La jeunesse. Y. Ou pas, ça oui. Déclassée, ou pas tout à fait. Apolitique. Ou votant blanc ou contre. Stupide. Attention la jeunesse c’est aussi l’espoir. Enfin, surtout si j’ai une start-up et encore plus si je me lance dans les énergies renouvelables. Ah, j’en ai pas. Big-Up madame la ministre. Du coup je ne suis pas l’avenir de l’emploi. Pourtant j’ai tout bien fait. La classe prépa c’est même un système dans le système. Eh plus système que moi, impossible. – Vous ne comprenez toujours pas ? – Je ne suis plus si antisystème que ça alors.
Mais est-ce que je suis épilée, ça c’est la question. C’est le foutoir. Ça « sent le renfermé, le moisi, le rance ». Comme la maison Vauquer tout ça. Des cases, des cases, des cases et encore des cases. Vidées de leur sens au gré des envies. Alors, vous êtes Charlie ou pas ? J’attends. –    J’attends votre réponse. –  

Je vais vous dire, je ne suis pas un chroniqueur. Alors je suis sûrement un imposteur. Merci quand même. Enfin si vous n’êtes pas mort de froid dans la salle de bain. Enfin maintenant je suis un peu comme un chroniqueur. – Ça y est, ça recommence. – Mon 38ème café déborde.

Janette

Panem et Circenses

Panem et Circenses

Chronique d'une femme décalée n°5 - Les Sados-Masos