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Nous les femmes ...

Nous les femmes ...

J’ai envie de parler de nous les femmes ce mois-ci. Je suis une femme décalée, pas toujours très explicitement engagée (car on garde ses opinions pour soi la plupart du temps) parce que quelquefois ça déplaît sinon. Ben là je m’en fous, je vais certainement déplaire et tant pis. Il y a un truc qui me hérisse les poils (le peu qu’il me reste n’en déplaise à Janette, la nouvelle chroniqueuse, ah ah !) Mais nous les femmes, j’ai l’impression que c’est un crime de disposer de son corps. Au centre du débat des primaires, l’avortement notamment, la contraception. Cette loi obtenue par le combat d’une des nôtres, quasiment après s’être mise à dos tout le monde, nous permet de savoir si nous voulons oui ou non avoir un enfant. Mais le vrai problème pour moi, ce n’est pas tellement ça encore, c’est plutôt, pourquoi parce qu’on est une femme, doit-on obligatoirement faire un enfant ? Le seul fait d’être une femme, doit obligatoirement nous attribuer ce rôle et nous devons devenir « Maman » sinon on n’est pas normale ? Et bien j’en connais une qui n’est pas normale alors, et qui l’assume en plus et qui est profondément agacée quand on lui parle du contraire. Être pour ou contre l’avortement, ou la contraception c’est une bonne question, mais elle n’apporte pas de vraies réponses aux problèmes qu’elle soulève. Choisir d’être une femme et de ne pas avoir d’enfant, ce n’est pas un crime, c’est un choix de raison, c’est un choix intelligent, c’est ne pas faire un gamin qui sera mal aimé de ses parents ou non désiré et qui sombrera la plupart du temps, dans une sombre névrose et qui aura une vie chaotique jusqu’au bout. C’est choisir d’assumer pleinement ce que d’autres acceptent souvent par contrainte et fatalité ou « c’est la vie » et rien d’autre, tant pis on aura des enfants. C’est être libre en quelque sorte. On ne devrait pas avoir un enfant né d’un viol, on ne devrait pas avoir un enfant né d’une relation incestueuse parce qu’on les condamne forcément avec un passif trop lourd à porter. Maintenant, chacune est libre de ses choix. Et puis ces trucs-là, il ne faut pas en parler c’est tabou. La contraception ce n’est pas parfois un choix pour ne pas avoir d’enfant, c’est parfois avoir l’obligation de se soigner pour ne pas être malade. Parce que oui, être une femme ça rend malade et ça rend vraiment même très malade. Et ça encore, on n’en parle pas, le sujet est tabou. En France, on ne dit pas qu’on a ses règles, ses menstruations, enfin vous appelez ça comme vous voulez tant que vous n’en parlez pas en fait. Les femmes sont touchées par des maladies gynécologiques qui parfois perturbent toute leur vie de femme, atteignent profondément leur cœur et leur corps, les mettent dans une souffrance que personne n’est capable de comprendre. Et elles les privent parfois de leur désir d’être mère, pour celles qui le veulent vraiment. Alors oui, on devrait choisir sans commune mesure, le fait d’être une femme, de prendre une contraception ou pas, d’avoir un enfant ou pas, sans, sans arrêt être jugée, maltraitée pour avoir assumé ses choix. Et puis, on ne devrait pas souffrir quand on est indisposée, parce qu’avec les techniques actuelles et l’évolution de la médecine, les règles ne devraient en aucun cas perturber notre vie. La femme est un homme comme les autres après tout. Pas si sûre pourtant. Les fabricants de protections hygiéniques nous prennent pour des schtroumpfs, on a le sang bleu maintenant ! Il n’y a pas une pub qui montre la vraie couleur de nos menstruations (c’est vraiment académique ce terme !) je me demande bien pourquoi quand même ! C’est plus glamour sans doute ! Ça illustre juste qu’encore une fois, on ne doit pas parler de ça ! Être une femme ce n’est pas facile tous les jours et je ne vous parle même pas du moment de l’accouchement ! Il peut se passer bien, mais on peut y laisser sa peau aussi ! Bref, être une femme ne devrait pas être si compliqué, être une femme devrait être simple et surtout on ne devrait pas être simplement considéré comme des machines à se reproduire. Dans un pays où l’on prône la tolérance à tous les coins de rues, avec de beaux discours enrubannés, je n’ai jamais vu autant d’intolérance vis à vis des femmes et surtout vis à vis des femmes qui n’ont pas et ne veulent pas d’enfants. Décidons qu’aujourd’hui dans le plus grand respect de chacune, on bénisse ces corps de femmes sans les instrumentaliser parce que la société en a décidé ainsi, offrons aux femmes que nous sommes, de choisir notre vie de femme, sans douleurs et sans souffrances, avec ou sans enfants, et j’ai lu quelque part, et je suis bien d’accord avec ça, que ce n’est pas parce que l’avortement existe, que toutes les femmes vont avorter.

Aurore Guillard
La femme décalée de la chronique

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